Races concernées
Chien du Groenland, Chien esquimau Canadien, Chien finnois de Laponie, Chien suédois de Laponie, Hokkaido, Laika de iakoutie, Samoyède, Shiba, Spitz des visigoths et Spitz japonnais.
Prévention sur le Glaucome Primaire
Le glaucome primaire chez le chien est une maladie oculaire grave qui résulte de l'augmentation de la pression intraoculaire (PIO) en raison d'une mauvaise évacuation de l'humeur aqueuse (=liquide de l'oeil). Cette condition peut causer des dommages au nerf optique, entraînant une perte de vision partielle ou totale si elle n'est pas traitée rapidement.
Le glaucome primaire est une urgence vétérinaire nécessitant une intervention rapide (dans les heures qui suivent). C'est une maladie très invalidante pour le chien, pouvant entraîner une perte de vision précoce accompagnée de fortes douleurs.
Types de glaucome primaire
Il existe deux types principaux de glaucome primaire chez le chien :
- Le glaucome à angle ouvert est souvent asymptomatique au début et la pression intraoculaire augmente lentement.
- Le glaucome à angle fermé se caractérise par une montée rapide de la PIO, provoquant des douleurs soudaines et une perte de vision.
Signes cliniques
Les signes du glaucome chez le chien peuvent inclure :
- Rougeur de l'œil (hyperémie conjonctivale)
- Œil trouble (opacité cornéenne, voile bleu sur l’œil)
- Dilatation de la pupille
- Douleur oculaire (manifestée par des clignements fréquents, frottement de l'œil, ou évitement la lumière)
- Perte de vision
Attention des vétérinaires peuvent penser qu'il s'agit, au début des symptômes, d'une conjonctivite hors il n'en est rien, cela s'explique par une méconnaissance de la maladie et des races. Quand on est propriétaire de races à risque la moindre rougeur de l'oeil doit entrainer une vérification de la pression intra-oculaire.
Diagnostic et traitement
Le diagnostic du glaucome primaire est effectué par un vétérinaire et comprend une mesure de la pression intraoculaire à l'aide d'un tonomètre. Également l’examen de la rétine et du nerf optique pour évaluer les dommages.
En prévention : l’examen de la Gonioscopie, qu’est une procédure diagnostique utilisée pour examiner l'angle iridocornéen de l'œil, qui est l'endroit où l'humeur aqueuse s'écoule. Cette technique est pour évaluer et diagnostiquer le glaucome chez le chien, notamment pour distinguer entre le glaucome à angle ouvert et le glaucome à angle fermé.
Il est effectué lors des MHOC demandées sur certaines de nos races à partir des 12 mois du chien.
Cependant, il est important de noter que cet examen n’est pas prédictif : il ne permet ni de garantir qu’un chien développera ou non un glaucome au cours de sa vie, ni de déterminer avec certitude s’il le transmettra à sa descendance. Il s’agit donc d’un outil d’observation, utile dans une approche globale de prévention, mais avec des limites à bien comprendre.
En cas de glaucome, le traitement vise à réduire la pression intraoculaire, il ne guérit pas complètement la maladie et permet de garder la vision le plus longtemps possible, il peut inclure :
- Les médicaments topiques (collyres) pour diminuer la production de l'humeur aqueuse ou améliorer son drainage.
- Des médicaments systémiques (administrés par voie orale) pour réduire la production d'humeur aqueuse.
Dans la majorité des cas, l'énucléation sera nécessaire car le traitement ne fera effet qu'un temps ; des interventions chirurgicales comme la cyclophotocoagulation au laser ou la mise en place de valves de drainage permettent quelquefois de rallonger le délai avant d'enlever l’oeil définitivement.
Gestion du caractère génétique en élevage
Le glaucome primaire ayant une composante génétique, les propriétaires de chiens à risques (telles que certaines races comme le Shiba Inu, le Laika de Iakoutie et le Samoyède) doivent prendre des précautions.
Bien que le glaucome primaire puisse avoir une composante génétique, les mécanismes exacts de sa transmission restent encore mal connus. Certaines races, comme le Shiba Inu, le Laïka de Iakoutie ou le Samoyède, sont plus souvent concernées par des recommandations de dépistage, mais il est important de rester prudent dans l’interprétation des résultats.
C’est dans cette optique que le club de race recommande la réalisation de la gonioscopie, non pas comme un outil de sélection stricte, mais comme un indicateur complémentaire. Les résultats ne sont pas éliminatoires, mais il est conseillé d’éviter de reproduire deux chiens présentant un stade avancé (stade 2 ou 3) afin de limiter les risques potentiels sans tirer de conclusions hâtives sur la transmission du glaucome.
Avant de les faire reproduire, il est essentiel de faire examiner les yeux de leurs animaux par un vétérinaire, conformément aux recommandations du Club de Race.

La gonioscopie permet d’observer la structure de l’œil et d’évaluer la qualité de la filtration de l’humeur aqueuse. Le vétérinaire ophtalmologue attribue un grade selon l’ouverture de l’angle iridocornéen, ce qui peut donner une idée du niveau de risque.
Cependant, une mauvaise filtration ne signifie pas forcément que le chien développera un glaucome au cours de sa vie. De nombreux autres facteurs, que l’on ne peut pas toujours mesurer, peuvent intervenir. C’est pourquoi un résultat positif à la gonioscopie (indiquant une prédisposition) ne justifie pas à lui seul d’écarter un chien de la reproduction.
Il est crucial de connaître le pedigree de votre chien et d'être informé si des chiens apparentés ont développé un glaucome.
Si un chien présente une gonioscopie positive, cela ne signifie pas qu’il développera un glaucome ni qu’il en transmettra forcément la prédisposition. Comme les mécanismes de transmission sont encore mal compris, il n’est pas possible de tirer des conclusions définitives à partir des résultats du test ou des antécédents dans le pedigree.
Plutôt que d’exclure systématiquement certains mariages, il est préférable de rester vigilant et d’utiliser les informations issues de la gonioscopie comme un élément parmi d’autres dans la réflexion sur un mariage. L’objectif reste de limiter les risques sans écarter inutilement des chiens potentiellement sains et équilibrés.